Elon Musk et Twitter : divorcé annoncé, parfait le mariage n’avait même pas commencé

par | Juil 13, 2022 | Webmarketing | 0 commentaires

Et non vous ne rêvez pas, quelques mois à peine après l’officialisation du rachat du réseau social Twitter par Elon Musk, tout s’effondre tel un chamboule-tout qui aurait été détruit par une balle portant le visage d’un certain milliardaire plutôt fantasque. Oui oui, on parle bien du PDG de Tesla, fondateur de SpaceX et de PayPal et co-fondateur et co-dirigeant de l’association OpenAl, sympa le CV. Et vous sinon vous buvez combien de café le matin pour affronter votre journée ?

Grand utilisateur de Twitter (il possède à ce jour plus de 100 millions de followers) le milliardaire sud-africain mêle depuis longtemps convictions personnelles et business. Fervent défenseur de la liberté d’expression, plusieurs rumeurs ont commencé à voir le jour en début d’année évoquant un potentiel rachat de l’oiseau bleu par l’homme le plus riche de la planète. Jouant sans cesse avec ce qui se dit de lui, Elon Musk n’a pas tardé à repartager ses rumeurs sur son propre compte laissant ainsi la porte ouverte à toujours plus de « j’ai lu que… », « j’ai vu que… » ou encore le fameux « je connais quelqu’un qui a… ».

Alors que s’est-il exactement passé depuis les premières rumeurs ? Pourquoi Elon Musk a décidé de faire machine arrière et quelles sont les potentielles issues ? Eh bien, nous allons voir ça tous ensemble les enfants.

Prêt pour l’union

Si Elon Musk n’a jamais réellement caché son affection pour Twitter et la liberté d’expression qui y règne, la véritable idylle entre les deux parties commence à la mi-mars. À cette date, le milliardaire commence à prendre un petit peu la température et à faire les yeux doux à l’oiseau bleu en rachetant assez d’actions Twitter pour en détenir 9 % ce qui n’est pas rien. La réaction du marché ne se fait pas attendre et les actions du réseau social augmentent en valeur de 25 %, la fameuse Musk touch.

Puis vient le mois d’avril, le printemps s’installe durablement et le moins que l’on puisse dire, c’est que voir les fleurs éclore donne quelques idées au patron de Tesla. Le 11 avril, celui-ci déclare vouloir rejoindre le conseil d’administration du réseau social avant de rapidement se rétracter. Une vraie feinte du facteur dirons les plus âgés. Cependant, le sud-africain revient à la charge et annonce haut et fort le 14 avril son désir de racheter purement et simplement Twitter. Quelle est sa motivation, me demanderez-vous ? Selon ses mots « protéger la liberté d’expression, ne pas faire de profit, mais juste protéger le futur de la civilisation ». Plutôt léger comme motivation. 5 jours plus tard, le plan de financement pour le rachat du réseau social est dévoilé. Elon Musk sortira de sa (grosse) poche environ 21 milliards de dollars provenant essentiellement de la vente d’action Tesla, mais aussi de SpaceX. Il bénéficiera également de plusieurs prêts dans différentes banques pour rajouter à son apport personnel plus de 23 milliards de dollars. Ça fait mal à la tête oui. Cependant, l’annonce de vente massive d’actions Tesla a pour effet de faire baisser la valeur de celles-ci de 14 % en quelques jours, petit couac qui ne refroidit pas les ardeurs d’Elon Musk, c’est qu’il en a de la ressource le bonhomme. Le 25 avril, la nouvelle tombe, Twitter donne son accord et est prêt à lier son destin à celui de Monsieur Musk. Le conseil d’administration donne son accord à l’unanimité, même le fondateur de l’oiseau bleu, Jack Dorsey, est de la partie. Les petits clins d’œil ainsi que les mots doux d’Elon Musk auront fait largement leur effet dans les rangs des dirigeants. Les 44 milliards de dollars promis ne sont pas complétement étrangers non plus.

 

À peine commencer que c’est déjà fini

Seulement voilà, qui dit mariage/union dit également contrat de mariage. Et c’est là que ça bloque. Moins d’un mois après l’accord donné par Twitter, Elon Musk mets la procédure d’achat en stand by. La raison ?  Un désaccord concernant le nombre de faux comptes qui existent dans les rangs du réseau social. Alors que Twitter avance comme chiffre 5 % de faux compte, l’équipe de l’acheteur estime plutôt ce chiffre autour des 20 %. Si cela parait dérisoire comme argument, c’est bien tout l’inverse et le milliardaire le sait. En effet, avec un nombre de « bot » autour des 20%, la valeur du réseau social diminue ce qui avantage Elon Musk. Afin de vérifier ces chiffres, le futur acheteur exige des informations sur les 230 millions d’utilisateurs de l’oiseau bleu, informations qu’il obtient début de juin.

Pendant que la dream team d’expert du milliardaire analyse les données délivrées par Twitter, Elon Musk nous en apprend un petit peu plus sur les ambitions qu’il a pour son futur petit jouet. Si Twitter compte à ce jour plus de 200 millions d’utilisateurs dans le monde, l’objectif est multiplié ce chiffre par 5 d’ici 6 ans. Soit 1 milliard d’utilisateurs pour l’année 2028. Pour arriver à ce chiffre, Elon Musk désire rapprocher le modèle de l’oiseau bleu de celui de deux autres réseaux sociaux. Tiktok et Wechat. Si le premier n’est plus à présenter, le second est quant à lui moins représenté en Europe, mais compte plus d’un milliard de comptes en Asie et notamment en Chine. Parce que on en apprend tous les jours, voici très brièvement ce qu’est WeChat : imaginez Facebook, WhatsApp, Uber, PayPal, Amazon, Doctolib et bien d’autres encore réunis dans une même appli, avec en plus tous les services publics. Vous avez vu, c’est allé vite hein. La liberté d’expression sur Twitter est également reprise par le milliardaire qui désire l’étendre de manière que les utilisateurs puissent proférer des propos « extrêmes » mais toujours en accord avec la loi. Pas sûr que ça aille vraiment ensemble.

Plus les jours passent et plus la relation se détériore entre nos deux protagonistes. L’affaire des faux comptes n’en finit plus de diviser, car les deux parties campent sur leurs positions. 5 % de faux comptes à ma droite dans le coin bleu pour Twitter dit « l’oiseau bleu » et 20% dans le coin rouge pour Elon Musk dit « le papa de  X Æ A-XII ». Oui, c’est bien le prénom de l’un de ses fils, pas facile à prononcer. En plus de cette histoire de faux comptes, le problème de la dette de Twitter est également une affaire à régler tout comme convaincre les actionnaires pour avoir leur accord concernant la vente. Un chemin semé d’embûches en somme.

Elle semble si loin l’idylle qui liait l’oiseau bleu au papa de SpaceX. L’amour a laissé place à la haine et ce qui devait arriver arriva. Le 8 juillet, le point de non-retour est atteint. Le divorce est annoncé, Elon Musk indique qu’il se retire officiellement de l’accord d’achat qui le lie à Twitter. Le milliardaire accuse en effet le réseau social de ne pas avoir tenu leurs engagements. Il les accuse également d’avoir fourni à l’équipe de l’acheteur des données « fausses et trompeuses » concernant le nombre de faux comptes ce qui affecterait la valeur de la société ainsi que son activité. La question qui se pose maintenant est que va-t-il se passer ? Trois issues semblent se profiler à l’horizon si le sud-africain ne change pas d’avis.

La première issue, qui est la plus rapide, est le règlement d’une indemnité. En abandonnant l’accord d’achat, Elon Musk s’expose à des poursuites judiciaires parce que oui sinon, c’est trop facile. En plus de l’accord de vente, les deux parties s’étaient mis d’accord sur une indemnité d’un milliard de dollars en cas de rupture de contrat.

La seconde issue est légèrement moins diplomate. Twitter peut, s’ils le souhaitent, obliger Elon Musk à respecter les termes du contrat contre son gré. Pour cela, il faut simplement que les banques puissent toujours être en capacité de fournir les prêts nécessaires.

La dernière issue a pour base la reconnaissance d’un nombre de faux compte supérieur à 5 % de la part de Twitter. Dans ce cas-là, le réseau social demanderait une somme inférieure (15 à 20 % de moins) aux 44 milliards de dollars prévus initialement ce qui pourrait faire revenir Elon Musk à la table des négociations. Cependant, cela voudrait dire que Twitter a bien menti et a délivré aux équipes de l’acheteur des données incomplètes.

À l’heure où ces lignes sont écrites, il semble bien que ce soit la deuxième issue qui est privilégiée par le réseau social, car depuis le 11 juillet, Twitter a engagé des poursuites contre le milliardaire sud-africain afin qu’il respecte ses engagements.

Vous voulez connaître la réaction du principal intéressé ? Ce tweet :

 

 

 

 

“Ils ont dit que je ne pourrai pas acheter Twitter”.

“Puis ils n’ont pas voulu fournir  les informations sur les bots”.

“Maintenant ils veulent me forcer à acheter twitter devant le tribunal.”

“Ils doivent désormais fournir les informations sur les bots au tribunal”.

L’histoire semblait trop belle. L’union entre l’homme le plus riche du monde, fervent défenseur de la liberté d’expression au réseau social qui arbore fièrement son oiseau bleu, nous sommes passés aux débuts d’une bataille juridique qui va certainement durer plusieurs mois. Ici pas de pension alimentaire en jeu, mais plutôt des milliards et des milliards de dollars. Ça fait beaucoup de milliards.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

vingt + quinze =

Archives